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Pédagogie - Les bienfaits de l'intonation
D.Barbier

"les bienfaits de l'intonation"

 par Denis Barbier.

 

Dans la pratique de l'improvisation, le néophyte comme l'expert sentent ou savent que l'on improvise mieux quand on entend ce que l'on joue, ou plutôt quand on joue ce qui a été conçu préalablement par l'oreille intérieure.

 

Le travail des gammes et des "patterns" enrichit le langage de l'improvisateur, mais quand le moment est venu de faire un chorus, qu'il soit court ou qu'il soit long, l'authenticité du choix des notes et la sincérité mélodique aideront à produire un solo vraiment convaincant.

 

Qu'est-il convenu d'appeler "sincérité mélodique" ?

 

C'est la capacité à reproduire sur son instrument le plus fidèlement possible les enchaînements mélodiques entendus intérieurement.

Certains musiciens n'ont aucune difficulté à jouer sur leur instrument ce qu'ils entendent note pour note, d'autres au contraire sont moins à l'aise.

 

En quoi consiste l'exercice dit "d'intonation" ?

 

Intonation : "façon d'attaquer un son vocal permettant une émission juste."

(Le Petit Larousse)

 

Dans l'exercice dit "d'intonation", l'instrumentiste doit reproduire le plus rapidement possible et sans réfléchir les notes qu'il entend. La méthode la plus conviviale consiste à travailler à deux en un jeu "question-réponse". L'un des deux musiciens propose une note, l'autre la rejoue instantanément, et si possible avec la même intention musicale. S'il ne trouve pas du premier coup, il peut chercher, plus haut, plus bas, jusqu'à ce qu'il trouve! Peu importe pourvu qu'il joue à chaque fois haut et clair la note qu'il a décidé de jouer!

Au début, les deux partenaires peuvent s'indiquer une tessiture réduite ou même un mode qui peut leur rendre l'exercice plus facile. Ensuite, le choix des notes peut être entièrement libre, atonal, les écarts peuvent être très importants, c'est à l'appréciation du "dicteur". On peut également passer à deux notes puis trois puis des phrases mélodiques complètes, ainsi que des inflexions particulières.

Il est intéressant de constater que celui qui propose - le "dicteur" - doit faire preuve d'imagination, ce qui lui occasionne un travail aussi profitable que celui du "dicté".

Pourquoi le "dicté" ne doit-il pas réfléchir ?

 

Dans cet exercice, le résultat visé est la précision et la rapidité d'exécution.

 

Depuis des siècles les Arts Martiaux enseignent que la pensée ralentit le mouvement, et que pour avoir un geste juste et naturel (dans l'art du sabre notamment), il faut laisser l'instinct guider le corps, et non le cerveau. (cf. Miyamoto Musashi)

Par ailleurs, nous savons que les fonctions instinctives sont gérées par la moelle épinière (l'arc-reflex) et que le cerveau est court-circuité, ce qui permet ainsi de gagner un temps précieux. On peut le constater chez les animaux dont la vie est menacée. Les réflexes de fuite, d'attaque ou de camouflage qui sont observables également chez l'homme sont instantanés. On ne "réfléchit" pas.

L'exercice d'intonation n'est pas semblable à une dictée de notes transcrite sur le papier. Ce genre de dictée s'accompagne souvent d'un calcul des rapports d'intervalles entre les notes, sauf pour les personnes qui possèdent l'oreille absolue. Il y a donc une intervention du cerveau. On compte la vitesse de transcription en secondes, alors que dans "l'intonation", il s'agit de milli-secondes.

 

 

Pourquoi cet d'exercice est-il utile pour l'improvisation ?

 

Lorsque l'instrumentiste a travaillé suffisamment longtemps et régulièrement cet exercice (d'une semaine à un mois), il peut déjà sentir une différence dans sa vitesse de réaction qui peut parfois s'apparenter à de la magie. A peine le son a-t-il été émis que déjà ses doigts se posent au bon endroit, son souffle, quand c'est nécessaire se règle parfaitement et instantanément, et la note est émise immédiatement.

 

Lorsqu'on improvise après cet exercice, le "dicteur" est remplacé par l'oreille intérieure. Le cerveau joue son rôle de générateur d'idées musicales, mélodiques dans le cas qui nous intéresse, puis la moelle épinière prend le relais et transmet instantanément les informations aux muscles concernés.

Décrit de cette manière, le déroulement semble complexe, l'analyse semble lourde et scientiste, mais dans la réalité de la pratique, tout se passe avec évidence et les résultats sont là pour nous encourager dans cette voie.

 

Cet exercice a-t-il d'autres effets ?

 

Pour les instrumentistes qui ne souhaitent pas improviser, cet exercice a pour effet de leur donner une plus grande confiance en eux ainsi qu'une meilleure connaissance intuitive de leur instrument. La qualité de leur technique et leur aisance musicale s'améliore, cela est particulièrement sensible chez les instrumentistes débutants.  Par ailleurs, la possibilité de jouer ce qu'ils entendent leur donne un recul par rapport à la partition qui ne peut que leur être profitable.

 

L'intonation est avant tout une pratique instinctive. Elle peut se faire les yeux fermés. Elle donne ou redonne au musicien qui s'y entraîne les repères qui doivent guider la création musicale : l'intuition. (cf. Arnold Schoenberg in "Traité d'harmonie")

 

Que faire lorsqu'on est seul pour travailler ?

 

La solution consiste à enregistrer soi-même des notes ou groupes de notes sur toute la tessiture de l'instrument comme si l'on était le "dicteur". Puis auditionner l'enregistrement en y répondant en tant que "dicté". Pour éviter de connaître par cœur les enchaînements de note, il faut faire plusieurs enregistrements et changer souvent. Une autre méthode consiste à graver l'enregistrement sur CD rom et le faire lire ensuite en mode "random" (mode aléatoire dont sont pourvus tous les lecteurs de CD).

Le travail avec partenaire  est plus souple et plus convivial, mais cette dernière méthode permet de s'exercer quand on le souhaite et autant de temps qu'il faut. Elle donne également de bons résultats.

 

Quels prolongements peut-on appliquer à cet exercice ?

 

Il est préférable au début que les instruments "dicteur" et "dicté" soient les mêmes. Ensuite ils peuvent être différents. Il sera plus difficile de répondre rapidement et il peut y avoir une difficulté à reconnaître tout de suite la bonne octave car les harmoniques du son peuvent être parfois trompeuses (entre un piano et une flûte par exemple). Cette nouvelle manière sera un tremplin vers la réalité du jeu en groupe, puisqu'en général il s'agit d'instruments différents les uns des autres.

Par ailleurs le travail, monophonique au début, peut devenir polyphonique. Le "dicteur" joue un accord au piano et le "dicté" joue l'arpège exact puis le ou les modes qui sonnent sur l'accord. Là aussi la réponse devra le moins possible faire appel au cerveau. L'oreille et les membres concernés par le jeu instrumental devront être directement connectés pour une meilleure vitesse de réponse.

 

Conclusion.

 

Cet exercice ne remplace pas l'imagination et l'inventivité. Toutefois il permet de mieux s'imprégner des idées musicales d'autrui, et de mieux s'entendre soi-même. C'est en cela et en cela seulement qu'il peut contribuer à vous faire mieux improviser, quelque soit la musique que vous jouez…


Date de création : 29/09/2007 @ 19:55
Dernière modification : 08/10/2007 @ 16:40
Catégorie : Pédagogie
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